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“Pujol KO” i “Ara sí que toca!”

Pujol KO ara sí

La irrupció del cas Pujol ha sacsejat la política catalana, que es troba immersa en un procés sobiranista històric. La confessió de Jordi Pujol sobre els comptes de la seva família a l’estranger ha obligat a fer un exercici d’introspecció i anàlisi sobre el que ha representat, representa i representarà la seva figura. Aquest cas ha impulsat la publicació de dues obres interessants. En primer lloc, Pujol KO. ¿Y después del ‘Pujolismo’ qué?, de la col·lecció Economía Digital, en el qual ha participat el Dr. Agustí Colomines, investigador principal del GRENPoC i director acadèmic de la Càtedra Josep Termes. En segon lloc, la reedició del llibre de Francesc-Marc Álvaro, Ara sí que toca!, una obra del 2003, a la qual han canviat el subtítol, que ara és: El pujolisme, el procés sobiranista i el cas Pujol

Al llibre Pujol KO,  també hi col·laboren la doctora en filologia espanyola Sonia Sierra i els periodistes, Ismael García Villarejo, Manel Manchón i Xavier Salvador. El capítol signat per Dr. Colomines porta per títol “Jordi Pujol dentro de 100 años”,  amb el qual analitza la validesa del mite Pujol i la repercussió que la seva figura té i tindrà en l’imaginari polític català.

El cas Pujol també ha propiciat, com hem dir, la reedició del llibre del periodista i col·laborador del GRENPoC, Francesc-Marc Álvaro, Ara sí que toca!. L’obra analitza el procés de successió de Jordi Pujol al capdavant de Convergència. El periodista fa una anàlisi en profunditat de les relacions de poder al si de CDC i CiU així com el paper polític de l’entorn familiar de l’expresident. La reedició compta amb tres capítols nous, on Álvaro analitza el procés sobiranista, la figura del president Artur Mas i el cas Pujol. Tots tres capítols ajuden a explicar l’evolució del partit i del moviment catalanista en els últims anys i com les revelacions sobre Pujol poden acabar de tancar el cicle de l’etapa pujolista.

Podeu descarregar-vos l’índex del llibre Pujol KO fent clic aquí.

Més informació sobre Ara sí que toca! fent clic aquí.

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Filed under Catalanisme, Estudis històrics, Llibres

Catalogne, le mirage de l’indépendance?, par Stéphane Pelletier

 

ImatgeDans le tumulte de la crise économique et sociale qui frappe l’Espagne depuis 2008, et alors que le pays vivait dans les préparatifs de la grève générale du 29 mars, la nouvelle est passée quasi inaperçue dans les médias espagnols. Artur Mas, le fringant président à la tête de la generalitat (le gouvernement autonome de Catalogne) depuis décembre 2010, a déclaré faire de l’indépendance de sa région un objectif politique. A l’occasion de son 16e congrès, Convergence démocratique de Catalogne (CDC), la formation politique dont Artur Mas est le leader, a décidé de lutter pour la création de son propre Etat, affirmant sans ambages sa vocation indépendantiste.

Il est vrai qu’il flotte dans l’air de cette communauté autonome parmi les plus riches d’Espagne – et qui assure 20 % du PIB national – un parfum d’indépendance de plus en plus entêtant. CDC vient de franchir un cap et ce changement de stratégie politique d’une formation jusqu’ici plutôt modérée ne peut se comprendre qu’à la lumière des soubresauts et revirements divers liés à l’approbation du nouveau statut d’autonomie voté en 2005 par le parlement catalan (ratifié par 75 % des électeurs catalans lors d’un référendum) et en 2006 par la Chambre des députés espagnole. Le Parti populaire, alors dans l’opposition, avait déposé plusieurs recours d’inconstitutionnalité contre ce texte auprès du Tribunal constitutionnel qui l’avait finalement raboté, en refusant le concept de nation catalane.

En réaction à l’amputation de leur statut, plus d’un million de Catalans avaient manifesté à Barcelone en juillet 2010 aux cris de «Vive la Catalogne libre», voire en proférant des slogans anti-Espagnols tels que «L’Espagne, dehors !». Que le sentiment indépendantiste gagne du terrain ne fait aucun doute, on peut même parler d’un virage de la société catalane. Tous les sondages et enquêtes d’opinion vont dans ce sens : sur les 7,5 millions d’habitants de cette région, entre 30 et 50 % déclarent souhaiter ardemment que la Catalogne devienne un Etat de droit indépendant au sein de l’Union européenne.

Le modèle d’une Catalogne arc-boutée contre l’Espagne est entré en crise depuis plus d’une décennie et les liens avec Madrid ne cessent de se distendre. La question qui ne manque pas de se poser est : jusqu’où ira cette distension ? Depuis le début de la crise, nombre de Catalans sont devenus indépendantistes pour des raisons économiques car ils souhaitent bénéficier d’une réelle autonomie fiscale à l’instar du Pays basque, seule autonomie à collecter directement ses impôts.

L’affirmation du «fait différentiel» au plan culturel (la Catalogne n’est pas l’Espagne, sa langue, son histoire et sa culture ne sont pas les mêmes, etc.) ne date pas d’hier mais le fait nouveau c’est que les secteurs modérés du catalanisme politique assument désormais ouvertement leurs intentions indépendantistes en les articulant à une critique acerbe de la redistribution interrégionale des richesses dans le pays. Les Catalans payeraient trop et l’Espagne, cette marâtre, ne leur reverserait que trop peu en contrepartie. La logique nationaliste, et indépendantiste a fortiori, conduit à récuser la logique de l’égalité des régimes d’autonomie.

C’est bien parce que le sentiment d’une saignée pratiquée par Madrid sur son économie progresse parmi la population catalane que le discours indépendantiste peut s’affirmer au sein de certains partis politiques nationalistes. La récupération politique de l’indépendantisme par une partie du centre droit au pouvoir en Catalogne (grâce à une série de pactes conclus avec le Parti populaire) prend en compte une réalité tangible, le rêve que caressent plusieurs centaines de milliers, voire plusieurs millions de Catalans, d’une nation indépendante. Comparaison n’est pas raison mais on pense aux tensions qui existent en Belgique entre Flamands et Wallons ou à la tentation indépendantiste qui traverse l’Ecosse. Toutefois, l’horizon d’une Catalogne indépendante semble lointain et Artur Mas et consorts entretiennent une ambiguïté toute politique en ne prenant aucune mesure concrète qui consisterait à fixer un calendrier pour organiser l’autodétermination. Autonomiste le jour, indépendantiste la nuit en quelque sorte. Mais la politique ne se vit-elle pas autant dans le rêve que dans le réel ?

Enfin et surtout, l’urgence pour la Catalogne repose sur la réduction de son important déficit et la sévère politique d’austérité menée par la generalitat d’Artur Mas occupe davantage les esprits des Catalans qu’une hypothétique indépendance. En cela, la Catalogne ne diffère guère des seize autres communautés autonomes d’Espagne et son sort reste encore lié à celle-ci.

* Stéphane Pelletie. Hispaniste à l’Université Paris-Est-Créteil (Upec). Publicat originàriament a Libération, 05/04/12.

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